[Chronique] Possibilités de groupes virtuels : comment la musique intangible a élargi le monde
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Qu’est-ce qu’un groupe virtuel ?
| Texte : mmr | Thème : Décrypter à partir de faits historiques comment les groupes virtuels combinant technologie numérique et narration ont changé la façon dont la musique est créée, entendue et crue. |
L’invention d’une « unité musicale » sans substance
Un groupe virtuel est un projet musical qui ne met en scène aucune personne réelle, mais utilise plutôt des personnages fictifs ou des avatars comme acteurs principaux. Ce qui est important ici, ce n’est pas qu’il n’y ait personne. De véritables compositeurs, interprètes et producteurs existent. Cependant, ce à quoi le public est confronté, ce ne sont pas les personnages eux-mêmes, mais les personnages et la vision du monde du décor.
Ce format n’est pas seulement une présentation visuelle. Il se caractérise par le fonctionnement cohérent d’un « sujet fictif » doté d’une personnalité et d’une histoire, incluant la production musicale, les performances live, le développement des médias et la formation de communautés de fans. Autrement dit, un groupe virtuel s’apparente plus à une structure de transport de musique qu’à un genre musical.
Les groupes virtuels ont été créés comme des entités qui reconsidèrent fondamentalement le principe de « qui chante ? » en musique.
Groupes d’animation et de concept comme origines
La prémisse de l’empathie avec les êtres fictifs
Les origines du groupe virtuel se trouvent dans la culture de l’animation et des albums concepts de la fin du 20e siècle. Dans les films d’animation et les séries télévisées, des personnages inexistants ont chanté les chansons et le public les a naturellement acceptées. Ici, « qui chante dans l’histoire » a eu la priorité sur « qui chante ? »
En outre, de la fin des années 1960 aux années 1970, des œuvres utilisant des décors de groupes fictifs et des alter ego sont apparues dans la musique rock et pop. C’était aussi une manière pour l’artiste de s’éloigner de sa véritable image et d’accroître sa liberté d’expression.
Ces boîtiers comportaient déjà deux éléments nécessaires aux groupes virtuels ultérieurs. Premièrement, la réceptivité du public à sympathiser avec un être fictif. Deuxièmement, il y a la reconnaissance du fait que l’histoire et le décor prolongent l’expérience musicale.
Les groupes virtuels ne sont pas apparus soudainement, mais sont le prolongement d’une longue histoire d’histoires et de musique entremêlées.
Un tournant rendu possible par le numérique
Mise en place d’un environnement où les personnages peuvent « s’activer »
De la fin des années 1990 au début des années 2000, l’infographie, Internet et l’environnement de production musicale numérique se sont rapidement développés. En conséquence, les personnages ne sont pas seulement des illustrations, mais des personnages qui bougent et grandissent dans la vidéo et deviennent des entités qui peuvent être continuellement exposées.
En termes de production musicale, avec la diffusion des DAW et de la technologie d’échantillonnage, la production musicale séparée de la dimension physique de la performance est devenue monnaie courante. Les voix chantées peuvent également être modifiées et traitées pour ne plus savoir à qui elles appartiennent. Il s’agit d’un changement important qui a conduit plus tard à la culture de la synthèse vocale.
En termes de distribution, les personnages et les chansons peuvent désormais être distribués simultanément en ligne, sans recourir à la télévision ou aux CD. Pour les groupes virtuels, Internet n’était pas seulement un moyen de publicité, mais la base même de leur existence.
Les progrès technologiques ont fait passer les groupes virtuels d’une idée nouvelle à une forme de musique durable.
Apparition de groupes virtuels représentatifs
Le moment où le personnage est reconnu comme un groupe
Dans les années 2000, des groupes virtuels aux caractères et à la musicalité distincts connaissent un succès international. Grâce à des vidéoclips animés, une programmation fictive et un décor narratif continu, ils sont devenus des « objets à encourager » au même titre que de vrais groupes.
Ce qui est important, c’est que ces projets n’étaient pas des œuvres ponctuelles et d’actualité, mais impliquaient des sorties d’albums, des tournées et un développement médiatique sur une longue période de temps. Le public commence progressivement à accorder plus d’attention aux relations et aux changements entre les personnages qu’aux créateurs derrière eux.
Ici, le groupe virtuel ne s’est pas caché derrière l’anonymat, mais a plutôt acquis une forte personnalité. Un état paradoxal d’anonymat mais avec une individualité claire a été créé.
Le groupe virtuel a atteint la réalité non pas par manque de réalité, mais par cohérence narrative.
Synthèse vocale et désincarnation vocale
Le phénomène selon lequel les voix ont des personnalités
Les progrès de la technologie de synthèse vocale ont encore élargi les possibilités des bandes virtuelles. Les voix qui ne dépendent pas du corps d’un chanteur spécifique seront traitées comme un attribut du personnage lui-même. Ici, la voix n’est pas quelque chose qui se joue, mais quelque chose qui se conçoit.
Ce changement a également affecté la relation entre les créateurs et les consommateurs. La musique ne sera plus un produit fourni unilatéralement, mais commencera à fonctionner comme une ressource partagée qui pourra être élargie grâce à des œuvres dérivées et des remixes. Les personnages ne sont plus des idoles fixes, mais sont devenus des entités pouvant être mises à jour au sein de la communauté.
En conséquence, les groupes virtuels ressemblent davantage à des plateformes de création décentralisées qu’à des artistes individuels.
La désincarnation de la voix a transformé le groupe virtuel en « musique à laquelle vous pouvez participer ».
Expression live et redéfinition de l’espace
La scène ne doit pas nécessairement être dans l’espace réel
Les performances live d’un groupe virtuel n’exigent pas nécessairement que les artistes et le public se réunissent au même endroit. Diverses formes ont été établies, notamment via un écran, AR, VR et des plateformes de distribution. Ce qui est important ici, c’est la simultanéité et l’expérience partagée plutôt que la distance physique.
Plutôt que de voir la « personne à l’intérieur » du personnage, le public recherche une expérience où il sent que le personnage lui-même est là. Pour cette raison, la mise en scène, les visuels et le cadre de l’histoire sont aussi importants, sinon plus, que la technique d’interprétation.
Ce format relativise les contraintes géographiques et les limites du nombre de personnes, et élargit le concept même d’événement musical.
La performance live du groupe virtuel est aussi une tentative de libérer l’expérience musicale de l’espace.
Réorganisation de la structure de l’entreprise et des droits
IP musicale qui n’appartient pas à des particuliers
Les groupes virtuels sont également uniques en termes de structure de droits. Les personnages, les chansons et les visions du monde sont souvent gérés projet par projet plutôt que sur une base individuelle. Par conséquent, même si les membres changent ou si le système de production change, la continuité en tant que marque est maintenue.
Cela relativise la notion de durée de vie d’un artiste et les limites de ses activités dans l’industrie musicale. En revanche, de nouvelles problématiques sont apparues, comme celle de la visibilité des acteurs de la production et de la manière dont ils sont évalués.
Les groupes virtuels sont devenus un exemple de musique passant d’une « expression individuelle » à une « propriété intellectuelle exploitée ».
Les groupes virtuels ont déplacé l’unité du secteur musical des personnes vers les structures.
Développements modernes et idées de métaverse
La vision du monde entre dans la sphère de la vie
Ces dernières années, le nombre de groupes virtuels actifs quotidiennement sur les SNS et les espaces virtuels a augmenté. En plus de publier des chansons, les personnages agissent comme s’ils « vivaient » grâce à la publication et à la distribution de messages courts.
Ici, la musique fait partie de l’activité et n’est qu’un moyen de prouver l’existence des personnages. Les fans trouvent de la valeur non seulement dans la musique, mais aussi dans le sentiment de partager du temps ensemble.
Cette situation diffère du modèle traditionnel dans lequel la musique était consommée sous forme d’albums ou de chansons.
Les groupes virtuels sont à l’avant-garde d’une consommation de vision du monde centrée sur la musique.
Chronologie : Étapes majeures dans le développement des groupes virtuels
L’intersection de la technologie, de l’expression et de la distribution
L’histoire des groupes virtuels n’a cessé de s’actualiser à l’intersection de l’innovation technologique et du désir d’expression.
Illustration : Structure qui supporte la bande virtuelle
Relation entre les personnes, la technologie et les histoires
Le groupe virtuel est un dispositif culturel qui se perpétue à travers une structure circulante.
L’avenir comme possibilité
À qui appartient la musique ?
Les groupes virtuels ont montré que la musique peut être créée sans dépendre de « à qui appartient la voix » ou « à qui appartient la vie ». En revanche, l’humanité n’a pas été complètement éliminée. Au contraire, les intentions et les émotions de plusieurs personnes sont rassemblées à travers des personnages.
De nouvelles technologies continueront à émerger. Mais le cœur des groupes virtuels ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la capacité humaine à partager de la fiction.
Le potentiel des groupes virtuels n’est rien d’autre que la question de savoir jusqu’où la musique peut être portée par la capacité de croire en une existence incorporelle comme réelle.