[Chronique] Susumu Yokota — Un univers en silence : Un paysage de l'âme dessiné par des sons électroniques
Column fr Ambient Rock Techno
Chapitre 1 : La musique électronique et le Japon — La position de Susumu Yokota
Texte : mmr|Thème : Susumu Yokota. Un artiste solitaire qui explore l’âme du son à la frontière entre culture club et ambient. Retracer sa tranquillité et sa nature cosmique
Au début des années 1990, la scène musicale électronique japonaise en était encore à ses balbutiements. Alors que la techno et la house devenaient populaires en tant que culture importée, la musique ambiante, axée sur les « sons environnementaux » et le « silence », restait encore un genre expérimental minoritaire. Susumu Yokota était un poète qui vivait dans cet espace calme. Sa musique est une extension de la culture club, mais en quelque sorte « en dehors ». C’était un artiste rare qui utilisait des particules électroniques pour représenter le souffle de la nature, la distance du vent et les réverbérations des souvenirs.
Bien que Yokota ait débuté dans la scène des clubs de Tokyo, il a rapidement transcendé ce contexte. Sa musique se concentrait davantage sur la « pause » que sur le « rythme » de la musique de danse, et s’orientait vers la recherche de la tranquillité et de l’organicité de la musique électronique. Ceci est similaire au sens japonais de « wabi-sabi ».
Chapitre 2 : Susumu Yokota en tant qu’écrivain — Poésie du paysage sonore
Les premières œuvres de Yokota sont fortement influencées par l’acid house. Acid Mt. Fuji (1994) était une œuvre révolutionnaire mêlant sons naturels et synthétiseur acide. Une structure paradoxale dans laquelle la musique électronique met en scène la « nature ». Il y avait déjà les germes d’idées ambiantes ultérieures.
Sa méthode n’est pas seulement la création de morceaux, mais aussi la « poésie acoustique ». Reconstruire le matériel échantillonné et faire flotter de minuscules boucles comme l’air. On a l’impression que le son change avec le temps et finit par s’enfoncer dans les profondeurs de la mémoire. C’était sa propre vision de la musique.
Ce qui est remarquable, c’est qu’il a publié ses œuvres sous plusieurs noms. Parmi eux, “Anima Mundi” était un alias important et développait un son plus introspectif et méditatif. Sous ce nom, il explore le thème métaphysique de « Anima Mundi » (l’âme du monde) à travers une pure expérience acoustique sans rythme.
Chapitre 3 : Déconstruction d’un album — Les profondeurs d’un grand album
“Sakura” (1999)
Le chef-d’œuvre de Susumu Yokota et une œuvre monumentale dans l’histoire de la musique ambiante. La faible mélodie et les sons environnementaux se superposent, guidant doucement la conscience de l’auditeur vers l’intérieur. Il a une fugacité qui capture le moment de la chute des fleurs de cerisier dans le son, et c’est une fusion de lyrisme japonais et de beauté universelle.
L’album a une excellente structure, et l’ensemble de l’album coule comme un seul « souffle ». Cela commence doucement, créant un léger rythme puis disparaissant. C’est comme le cycle de la vie et les saisons elles-mêmes. La raison pour laquelle “Sakura” continue d’être appréciée par les fans de musique ambiante du monde entier est probablement parce qu’elle dépeint parfaitement cette “sensation du temps” à travers le son.
« Symbole » (2001)
Construisez votre propre image sonore tout en utilisant pleinement l’échantillonnage de musique classique. Les mélodies baroques et impressionnistes se dissolvent dans une mer d’électronique entre les mains de Yokota. L’œuvre entière est comme une « mémoire reconstruite » et, comme le titre l’indique, c’est une musique « symbolique ».
« Chat souriant » (2000)
Un album avec une vision du monde digne d’un conte de fée, avec une acoustique confortable et fantastique. Il y a un sentiment de jeu qui dépasse le cadre de la simple musique d’ambiance. Il a le pouvoir de faire imaginer une histoire à l’auditeur tout en modifiant la forme du son.
« Le garçon et l’arbre » (2003)
Il y a une atmosphère qui donne l’impression d’avoir été enregistrée dans une forêt et un rythme qui fait penser aux battements de cœur de la vie. La « musique de vie » unique de Yokota flottant entre nature et électronique. Il présente un haut degré de perfection en tant que chef-d’œuvre de sa période ultérieure.
Chapitre 4 : Projet sous le nom d’Anima Mundi
« Anima Mundi » signifie « âme du monde » en latin. La série d’œuvres développées par Susumu Yokota sous ce nom était vraiment digne de ce nom. Les chansons se concentrent sur les drones, les sons ambiants et les structures harmoniques, élargissant ainsi l’espace intérieur de l’auditeur. Il n’y a ni rythme ni mélodie. Il n’y a que le « son qui existe ».
Pour Yokota, ce nom pourrait être considéré comme un « canal qui relie l’inconscient et l’univers ». Si la musique sous le nom de Susumu Yokota est une « poésie terrestre », Anima Mundi est une « prière céleste ».
Le 12 pouces “Hebula” est une chanson techno qui combine un son rêveur et trippant avec des rythmes et des éléments tribaux. Cette chanson présente des effets acoustiques complexes et des textures sonores multicouches, transportant les auditeurs dans un autre monde.
Liste des chansons
A1. Hebula
B1. Fujin
B2. Spring
Youtube
Chapitre 5 : Réputation et impact internationaux
Au début des années 2000, Susumu Yokota était très plébiscité sur les scènes ambient/electronica européennes et américaines. En particulier, « Sakura » possédait un tel niveau de perfection qu’il a été classé aux côtés des Boards of Canada, Fennesz et Biosphere. Sa beauté transcende les frontières des genres et influence la musique post-classique et méditative.
On sait également qu’Aphex Twin et Four Tet ont soutenu son travail. À l’étranger, il a été décrit comme « le Brian Eno du Japon », mais la musique de Yokota était en réalité plus émotionnelle et poétique.
Chapitre 6 : Live et physicalité
La performance live de Yokota n’était pas seulement une reconstitution, mais une tentative de « jouer l’espace lui-même ». Il a éliminé autant que possible l’éclairage et les images, transformant l’espace avec la « densité de l’air » que possède le son. Le public est enveloppé de particules sonores et perd la notion du temps. C’était une expérience où chacun avait l’impression de se fondre dans le son.
Sa position était un exemple rare de combinaison de la physicalité dansante de la techno avec la nature méditative de l’ambient.
Chapitre 7 : La philosophie musicale de Susumu Yokota
La philosophie musicale de Yokota, en termes simples, est de « trouver la vie dans le son ». Pour lui, le son n’est pas seulement un matériau, mais un être vivant. C’est pourquoi ses œuvres n’ont aucune froideur artificielle. Même s’il s’agit d’un son électronique, il a une sensation chaleureuse et végétale.
Sa musique est aussi une exploration poétique du temps. Le temps ne semble pas « s’écouler », mais plutôt « osciller ». Dans ce flow, l’auditeur s’oublie et ne fait plus qu’un avec le son.
Chapitre 8 : Le patrimoine et sa pérennité jusqu’à nos jours
Lorsqu’il est décédé en 2015, de nombreux fans et musiciens ont pleuré sa perte. Cependant, sa musique vit toujours tranquillement. Les nouvelles générations continuent d’être exposées à son son à travers Bandcamp et ses rééditions. Sa musique transcende les genres tels que Ambient, Drone et Minimal et est redécouverte comme une « méditation d’écoute ».
De plus, l’esprit de Yokota a certainement été hérité par des artistes ambient contemporains tels que Chihei Hatakeyama et Hiroshi Ebina.
Discographie (œuvres principales)
| Année | Titre | Nom | Explication | Lien |
|---|---|---|---|---|
| 1993 | Acid Mt. Fuji | Susumu Yokota | クラブカルチャー黎明期のアンビエント・トランス傑作。自然音とアシッドの融合。 | [Amazon] |
| 1997 | Cat, Mouse and Me | Susumu Yokota | ジャズ/ハウス/アンビエントを自在に行き来する多彩な音響。 | [Amazon] |
| 1998 | Image 1983–1998 | Susumu Yokota | 自作音源の総集編的コンピレーション。初期から円熟期への軌跡。 | [Amazon] |
| 1999 | Sakura | Susumu Yokota | 代表作。環境音とメランコリックな旋律が溶け合う、永遠のアンビエント名盤。 | [Amazon] |
| 2000 | Grinning Cat | Susumu Yokota | 不思議な浮遊感と童話的世界観。坂本龍一にも通じる構成美。 | [Amazon] |
| 2001 | Symbol | Susumu Yokota | クラシック音源のサンプリングを駆使した美学的到達点。 | [Amazon] |
| 2003 | The Boy and the Tree | Susumu Yokota | 森の中で聴くような、静けさと生命力を感じさせる音響詩。 | [Amazon] |
| 2005 | Wonder Waltz | Susumu Yokota | ビートと幻想を融合した後期代表作。柔らかな夢幻世界を描く。 | [Amazon] |
| 1997–2002 | Anima Mundi作品群 | Anima Mundi | 別名義による実験的アンビエント・プロジェクト。電子と自然の境界を曖昧にする音世界。 | [Amazon] |
Chapitre 9 : Conclusion — Musique en silence
La musique de Susumu Yokota n’est pas racontée à travers des mélodies et des rythmes flashy, mais à travers le silence et les espaces vides. Dans ce silence habitent le bruit de la ville, le souffle de la nature et la mémoire humaine. La musique qu’il a laissée n’est pas seulement une collection d’œuvres, mais un miroir qui reflète le moi intérieur de l’auditeur.
Même après la disparition du son, quelque chose reste dans votre cœur. C’est le plus grand « son » que le musicien Susumu Yokota ait laissé au monde.