[Chronique] Problèmes de traduction des paroles et de transfert culturel : Quand les mots franchissent les frontières de la musique
Column fr Hiphop Lyric Rap
Prologue Les paroles ne transmettent pas seulement un « sens »
Texte : mmr|Thème : Pourquoi la traduction des paroles est-elle porteuse de culture ? À propos de l’histoire des erreurs de lecture, de la transformation et de l’établissement
Dans la musique populaire, les paroles ne sont pas seulement un moyen de transmettre des informations. Il s’agit d’un texte d’une densité culturelle extrêmement élevée, englobant la prononciation, la prosodie, la métaphore, les hypothèses sociales, les opinions religieuses, le sens de classe et même l’atmosphère de l’époque.
Traduire des paroles n’est pas un processus de remplacement des langues, mais plutôt un acte de transplantation d’une culture dans un autre environnement. Cette greffe ne réussit pas toujours. Au contraire, ils sont souvent déformés, manquants et prennent parfois une signification différente de l’original.
Dans cet article, nous examinerons la traduction lyrique du point de vue de « l’importance culturelle » et organiserons son développement historique, son cadre théorique, ses exemples spécifiques et les caractéristiques de sa réception au Japon, sur la base uniquement de faits.
La traduction lyrique permet de franchir les frontières musicales, mais elle n’efface pas les frontières culturelles.
Chapitre 1 « Hypothèses culturelles des paroles » qui existent avant la traduction
Les paroles sont basées sur des connaissances préalables partagées par l’orateur et le public. Les noms de lieux, les noms propres, les symboles religieux, l’argot et les références aux institutions sociales sont explicites pour les gens d’une culture, mais perdent leur sens dans une autre.
Les métaphores bibliques dans le blues et le gospel, les codes urbains dans le hip-hop et les récits de terre et de parenté dans la musique country sont des éléments qui se perdent facilement dans la traduction.
Ce qui est important à ce stade, c’est que l’intraduisibilité est due au « degré de communauté culturelle » plutôt qu’à la « structure linguistique ». Les situations grammaticalement traduisibles mais culturellement incompréhensibles sont monnaie courante dans la traduction de paroles.
Ce n’est pas que les paroles soient difficiles, c’est que le monde qu’elles supposent est différent.
Chapitre 2 : L’éthique de la traduction oscille entre traduction littérale et paraphrase
Dans le domaine de la traduction de paroles, le choix entre traduction littérale et traduction littérale est toujours un problème. Les traductions littérales sont efficaces pour préserver le sens, mais perdent souvent le rythme et l’émotion. Les traductions parallèles préservent le sens de l’ouïe et de l’émotion, mais tendent à s’écarter du sens du texte original.
En particulier, la musique populaire impose de fortes restrictions en matière de mélodie et de nombre de mots, et la logique de la traduction en prose ne s’applique pas. L’ajout ou la soustraction d’une seule syllabe perturbe toute la mélodie, obligeant les traducteurs à constamment réduire et reconstruire le sens.
Dans ce processus, la compréhension culturelle et les jugements de valeur du traducteur interviennent inévitablement. Les paroles traduites qui en résultent sont un compromis entre la chanson originale et la culture de la traduction.
La traduction des paroles n’est pas une question d’exactitude, mais une série de choix.
Chapitre 3 Traductions chantables et « traductions qui ne peuvent pas être chantées »
Les traductions de paroles sont divisées en traductions pour la lecture et traductions pour le chant. Dans ce dernier cas, la facilité de prononciation, la continuité des voyelles et la position de l’accent sont importantes.
Le japonais a une structure syllabique simple et de nombreuses voyelles, ce qui rend difficile la reproduction de la séquence de consonnes et de la structure d’accentuation de l’anglais. Par conséquent, lorsque l’on chante des paroles anglaises en japonais, le sens des mots est souvent simplifié ou la grammaire est réorganisée.
Ces contraintes techniques, plus encore que la qualité de la traduction, déterminent si elle fonctionnera ou non comme une chanson. En conséquence, les paroles japonaises ont tendance à donner la priorité au son plutôt qu’au sens.
Même si le sens est correct, la traduction des paroles ne fonctionnera que si la chanson peut être chantée.
Chapitre 4 Années 1950 à 1960 : Période d’afflux massif de traductions de musique populaire
Après la guerre, avec la diffusion de la radio et des disques, une grande quantité de musique populaire occidentale afflua au Japon. Durant cette période, de nombreuses chansons furent introduites dans leur langue originale ou avec de simples traductions.
D’un autre côté, il existe de nombreux cas où elle a été adaptée en tant que chanson populaire, avec de nouvelles paroles japonaises ajoutées à la mélodie originale. Il ne s’agit pas à proprement parler de traductions, mais de recréations culturelles.
La coutume des « paroles japonaises distinctes des chansons originales » qui s’est formée au cours de cette période a eu une influence durable.
Les paroles non traduites ont également façonné la culture musicale japonaise.
Chapitre 5 : Passage à l’acceptation du « sens de la lecture » après Locke
À partir de la fin des années 1960, avec l’essor de la musique rock, l’accent a commencé à être mis sur le sens des paroles elles-mêmes. Des thèmes tels que l’anti-guerre, l’anti-establishment et le moi intérieur de l’individu devaient être compris par la traduction.
Au cours de cette période, des traductions détaillées ont été publiées dans des magazines et des notes de pochette, et les paroles ont commencé à être consommées comme quelque chose à lire. Pour la première fois, la traduction lyrique s’est institutionnalisée dans le cadre de l’acte d’appréciation.
Cependant, cette traduction bilingue n’était qu’une aide à la compréhension, et les traductions qui ne présumaient pas du chant étaient la norme.
Les paroles sont partiellement passées de quelque chose à entendre à quelque chose à lire.
Chapitre 6 Lecture erronée et réinterprétation comme transfert culturel
Les erreurs de lecture sont inévitables dans le transfert culturel par la traduction. Toutefois, cette lecture erronée n’a pas nécessairement de conséquences négatives.
Il existe de nombreux exemples de paroles mal comprises dans une culture, acquérant un nouveau sens dans un autre contexte et formant des histoires de réception uniques. La réception du rock et du hip-hop au Japon s’est également établie à travers cette chaîne de réinterprétations.
Le point important est que la traduction ne reproduit pas complètement la culture originale, mais qu’elle permet de nouvelles pratiques culturelles.
Une mauvaise lecture n’est pas un échec du transfert culturel, mais le point de départ d’un changement.
Chapitre 7 Le hip-hop et la manifestation de l’intraduisible
Le hip-hop est un genre dans lequel l’intraduisibilité est particulièrement prononcée en raison de sa forte dépendance à l’argot, aux rimes et au contexte social. Les jeux de mots et la signification phonologique se perdent en grande partie dans la traduction.
En conséquence, de nombreux auditeurs renoncent à comprendre pleinement les paroles et n’acceptent que l’attitude musicale et la forme d’expression. Cela a fait du hip-hop un cas particulier d’importance culturelle sans aucune traduction.
Il existe certes des cultures qui se transmettent sans être traduites.
Chapitre 8 Le rap japonais et le transfert culturel inverse
L’établissement du rap japonais n’a pas progressé grâce à la traduction de paroles en anglais, mais grâce à la transplantation de formes et d’attitudes. Ici, l’accent est mis sur l’imitation et la reconstruction plutôt que sur la traduction.
Dans le processus d’adaptation de la prosodie anglaise au japonais, le sens unique du rythme japonais a été mis en valeur et un nouveau système d’expression est né. Il ne s’agit pas d’une traduction, mais d’une localisation d’un transfert culturel.
Le transfert culturel ne passe pas nécessairement par la langue.
Chapitre 9 Environnement de traduction de paroles à l’ère numérique
Avec la propagation d’Internet, n’importe qui peut instantanément référencer les paroles et les traductions. Il existe un mélange de traductions officielles et non officielles, et les interprétations sont diversifiées.
Dans cette situation, il n’y a pas une seule bonne réponse et on suppose que plusieurs traductions coexistent. La traduction a cessé d’être un artefact fixe et est devenue un ensemble d’interprétations continuellement mises à jour.
La traduction est considérée comme un processus plutôt que comme un produit fini.
Chapitre 10 : Ce que la traduction des paroles laisse derrière elle
La traduction des paroles ne peut pas préserver complètement le sens de la chanson originale. Cependant, il a fourni un cadre permettant à différentes cultures de se connecter à travers la musique.
Outre les choses perdues lors de la traduction, il existe également des compréhensions et des expressions créées grâce à la traduction. Cette ambiguïté est l’essence même de la question de la traduction des paroles et de leur importance culturelle.
La traduction des paroles est à la fois un pont et une frontière entre les cultures.