[Chronique] Haruomi Hosono - Voyageuse de l'innovation sonore et silencieuse qui transcende les temps
Column fr Ambient Synth-Pop Techno
Révolutionnaire tranquille - Haruomi Hosono
Texte : mmr|Thème : De Happy End à YMO en passant par Ambient – Retracer les « paysages sonores » et les arrière-plans culturels dessinés par Haruomi Hosono à travers les âges
Haruomi Hosono est un musicien qui continue de transformer la musique pop japonaise depuis un demi-siècle. De la fin des années 1960 jusqu’à aujourd’hui, sa musique s’est creusée un horizon unique en « déplaçant l’époque » plutôt qu’en « définissant l’époque ». Diverses cultures, humour, nostalgie, technologie : tout cela se mélange dans le son de Hosono.
Prologue : Poisson d’avril - Activités préhistoriques (1969)
Chef-d’œuvre : “Poisson d’avril” (1970, projet solo)
Une fusion de pop folk, psychédélique et de style Beatles, exprimant une sensibilité urbaine avec des paroles en japonais et en anglais. Cette œuvre est principalement composée, arrangée et interprétée par Hosono, et sert de pont vers Happy End.
Contexte historique
Avant la formation de Happy End, 1969-1970. Une période d’exploration de la pop urbaine.
Environnement de production
Enregistrement analogique à la maison ou dans un petit studio. Utilise un orgue, une guitare et un simple microphone.
Anecdote
Un ami a ajouté des effets sonores et des rires aux enregistrements, et son sens de l’humour s’est rapidement développé.
Chapitre 1 : Happy End - L’aube du rock japonais (1969-1972)
Œuvre représentative : « Kazamachi Roman » (1971)
Une œuvre monumentale qui dépeint pour la première fois l’atmosphère poétique de la ville de Tokyo dans le contexte du rock. Durant cette période, Hosono a joué un rôle important dans la composition musicale tout en jouant de la basse. Des chansons telles que « It’s Summer » et « Gather the Wind » ont un son urbain mais nostalgique.
Contexte historique
En pleine croissance économique d’après-guerre. Avec l’essor du folk et du GS, la recherche d’une nouvelle expression appelée « rock japonais » a commencé. Happy End a été le premier groupe à explorer « des rythmes japonais qui n’étaient pas des imitations de l’anglais ».
Environnement de production
Les enregistrements à cette époque ont été réalisés dans le studio prédécesseur de Yotsuya Onkyo House. Son chaleureux provenant d’un enregistrement sur bande analogique et d’un équipement vintage. Bien qu’influencés par des groupes américains tels que The Band et Buffalo Springfield, ils mettent en avant les paroles littéraires japonaises.
Anecdote
Hosono, frustré par les nombreux problèmes d’équipement lors de l’enregistrement, aurait déclaré : « Je veux un endroit où je peux enregistrer un peu mieux le son. » Après cela, c’est devenu la base pour lui permettre de poursuivre ses propres idéaux sonores.
Chapitre 2 : Caramel Mama - L’aube du rock japonais (1973)
Chef-d’œuvre
- « Maman caramel » (1975)
Ils fusionnent des éléments de folk et de rock psychédélique et montrent une musicalité directement liée au Happy End ultérieur. Hosono a participé à la basse et au clavier, démontrant ses talents d’improvisation et d’arrangement.
Contexte historique
C’était une période de transition où la musique folk et psychédélique commençait à attirer l’attention au Japon et où une culture rock urbaine se formait.
Environnement de production
Enregistrement à domicile dans un studio du campus ou chez un ami. J’ai essayé de fusionner l’acoustique et l’électrique.
Anecdote
Il y avait une atmosphère libre pendant le spectacle live, avec des membres du public montant sur scène et participant à des performances d’improvisation. Cette expérience l’a conduit à ses travaux ultérieurs sur la trilogie tropicale et au sens de l’humour de YMO.
Chapitre 3 : Tin Pan Alley - L’aube du rock japonais (1974)
Chef-d’œuvre
- “Tin Pan Alley” (1977)
Le blues, le R&B et la pop de style Beatles sont digérés en japonais, avec un accent sur la musique jouée dans les festivals scolaires et les salles de concert à Tokyo. Hosono était en charge de la basse et de la composition, démontrant une sensibilité urbaine précoce.
Contexte historique
La période naissante du pop-rock urbain au Japon, influencé par les Beatles et les Rolling Stones.
Environnement de production
Enregistrement dans les studios du campus et dans les petites salles de concert. Il a également réalisé des enregistrements simples à la maison, qui sont devenus le précurseur de la culture de l’enregistrement à domicile ultérieure.
Anecdote
Il y a eu beaucoup d’essais et d’erreurs dans la création de chansons parmi les membres, ainsi que beaucoup d’expérimentations en matière d’improvisation et de changements de rythme.
Chapitre 4 : Trilogie tropicale – Exploration de l’exotisme (1973-1978)
Travaux représentatifs :
- “Dandy tropical” (1975)
- “Taian Yoko” (1976)
- “Haraiso” (1978)
Asie, mers du Sud, Amérique latine, Hawaï et Japon. Durant cette période, Hosono ne cherche pas à imiter les « pays étrangers », mais exprime plutôt l’exotisme dont rêvent les Japonais. Il se caractérise par une structure qui ressemble à un récit de voyage fictif et un arrangement plein d’esprit.
Contexte historique
Le Japon après le choc pétrolier. Mon désir de voyages à l’étranger et de cultures exotiques grandit. À la télévision et au cinéma, l’idée selon laquelle « pays tropicaux = guérison » s’est répandue, et dans la musique, les « stations imaginaires » sont devenues un thème.
Environnement de production
Enregistré à la maison/studio “HOSONO HOUSE” (Saitama, Sayama). Ils ont transformé le salon d’une maison en bois en studio et ont enregistré à l’aide d’une bande analogique et d’un simple mixeur. Ce style d’enregistrement à domicile est devenu l’origine de la culture pop urbaine et de l’enregistrement à domicile.
Anecdote
Pendant l’enregistrement de “HOSONO HOUSE”, le disjoncteur s’est déclenché à plusieurs reprises. Hosono aurait ri et aurait continué à enregistrer en disant : « Le bruit de l’électricité qui tombe fait partie de la musique. » Cette atmosphère détendue se reflète dans le son chaleureux et organique.
Chapitre 5 : Révolution Technopop - YMO et l’avenir de l’électronique (1978-1983)
Travaux représentatifs :
- Yellow Magic Orchestra『Solid State Survivor』(1979)
- “BGM” (1981)
- “Technodélique” (1981)
YMO (Yellow Magic Orchestra) est une unité révolutionnaire qui a fait connaître la techno pop à travers le monde. En tant que leader, Hosono a utilisé des machines à rythmes et des séquenceurs pour fusionner humour asiatique et sons futuristes.
Contexte historique
Au début des années 1980, le Japon atteint le sommet de sa croissance technologique et économique. Une époque où le développement des ordinateurs, des jeux vidéo et des instruments de musique électroniques fusionnait avec la musique. Le son de YMO était un symbole du Japon en tant que nation électronique.
Environnement de production
Les bases d’enregistrement sont “Alpha Studio” et “Shibaura Studio”. Il utilisait des équipements de pointe à l’époque, notamment les Roland MC-8, Prophet-5 et Fairlight CMI. Un workflow en avance sur son temps, dans lequel le home studio de chaque membre est mis en réseau pour la production.
Anecdote
Lors des premières performances live de YMO, les chansons s’arrêtaient souvent à mi-chemin en raison de dysfonctionnements informatiques. Le public a ri, les membres aussi. Hosono aurait dit : « Les machines sont comme les humains, et il est intéressant qu’elles fassent des erreurs. »
Chapitre 6 : Pop in Silence - Travail ambiant et solo (1984-1990)
Travaux représentatifs :
- “Philharmonie” (1982)
- « Omni Sight Seeing » (1989)
“Philharmony” est un chef-d’œuvre enregistré à la maison, utilisant pleinement l’échantillonnage et les synthétiseurs. D’autre part, « Omni Sight Seeing » combine des éléments de musique ethnique et de sons environnementaux, décrivant le point culminant d’un « voyage sonore ».
Contexte historique
Le Japon pendant la bulle économique. Au milieu d’une culture de consommation excessive, la musique de Hosono, au contraire, est orientée vers le « silence » et « l’espace ». Partout dans le monde, Brian Eno, Jon Hassell et d’autres prônaient la musique ambiante, et Hosono s’inscrivait dans cette tendance.
Environnement de production
Atelier à domicile à Nishiazabu, Tokyo. En se concentrant sur les équipements numériques de Roland et Yamaha, Un processus expérimental qui entremêle « fragments de bande » et « sons environnementaux ». Le salon servait de cabine d’enregistrement et même les échos des meubles devenaient partie intégrante du son.
Anecdote
On raconte que dans l’enregistrement de « Philharmonie », il a utilisé le son d’un cri de chat, qu’il a entendu par hasard, comme « matériau sonore ». Hosono a dit en plaisantant : « La musique, c’est vivre avec le hasard. »
Chapitre 7 : Musique de paysage – Bandes sonores et sons ambiants (1990-2000)
Travaux représentatifs :
- “Nuit sur le chemin de fer galactique” (1985)
- “Minima Moralia” (1986)
- “EMI” (1995)
C’était une époque où il travaillait sur la musique pour une grande variété de médias, notamment l’animation, les films et les publicités. ``Night on the Galaxy Express’’ brille par des compositions délicates qui semblent traduire en son la littérature fantastique de Kenji Miyazawa.
Contexte historique
Après l’éclatement de la bulle économique, les valeurs du Japon ont été ébranlées. Les mots-clés « guérison », « environnement » et « nostalgie » ont commencé à apparaître au centre de la culture. La musique de Hosono est calme et pleine de réverbérations profondes, comme pour anticiper cette atmosphère.
Environnement de production
Il a simplifié l’équipement qu’il a construit pendant son séjour chez YMO et a créé un environnement de production minimaliste chez lui. Expérimenté avec l’enregistrement DAT et les premiers mixages numériques. Je suis plus un « artiste sonore » qu’un musicien.
Anecdote
Lors de la production de « Night on the Galaxy Express », des sons environnementaux ont été enregistrés la nuit à côté des voies ferrées afin de reproduire l’acoustique. Ce son reste faiblement dans le morceau final.
Chapitre 8 : Chansons country et folkloriques - Sons de terre et de mémoire (2000-2015)
Travaux représentatifs :
- «HoSoNoVa» (2011)
- « Musique céleste » (2013)
Reconstruire la culture radiophonique japonaise d’après-guerre et le swing du début de l’ère Showa. Ils ont livré le son d’un « futur nostalgique » aux oreilles de la génération numérique.
Contexte historique
Après le tremblement de terre et la stagnation économique, la société japonaise a commencé à rechercher un « local » et un « retour à l’esprit ». Hosono incarne cette tendance à travers ses sons, en disant : « La nostalgie illumine l’avenir ».
Environnement de production
“Daisyworld Studio” est un studio privé à Nakameguro. Utilise un microphone vintage, un écho à bande et un piano droit. Pendant l’enregistrement, il a éteint le climatiseur et s’est concentré sur « la respiration du son ».
Anecdote
Quand l’ingénieur du son a arrêté de mixer pendant l’enregistrement de “HoSoNoVa”, Hosono aurait déclaré : « J’aime la façon dont le son se repose. » Vous pouvez avoir un aperçu de son attention inhabituelle envers « l’espace » du son.
Chapitre 9 : « L’hosono-isme » à l’ère numérique – De la logique tranquille à nos jours (2015–)
Travaux représentatifs :
- « Logique tranquille » (2024)
- « Vu Jà Dé » (2018)
À l’ère de l’IA et du streaming, Hosono aborde une nouvelle fois le thème de la « tranquillité ». Ses œuvres, qui effacent les frontières entre sons électroniques et naturels, ont une forte influence sur les jeunes générations d’artistes.
Contexte historique
Solitude et accélération de la digitalisation depuis la pandémie. Le son de Hosono est réévalué comme un acte qui rétablit « l’écoute », la « tranquillité » et « l’humanité ».
Environnement de production
Presque tout le film a été enregistré à la maison. Utilisez de manière flexible les DAW et les équipements matériels, Un flux de travail moderne qui permet le partage de données avec des musiciens étrangers via en ligne.
Anecdote
Lors de l’enregistrement, il enregistre souvent sans ajouter de « clic ». «Les fluctuations du rythme sont la preuve que les humains respirent», aurait-il déclaré.
Chapitre final : Humour et solitude en marge du son
La musique de Haruomi Hosono est toujours pleine de « pause » et de « légèreté ». C’est un sentiment de distance, comme si vous étiez au centre de la culture, tout en la regardant de loin. À une époque où la forme de la musique continue de changer, il croit toujours au « calme du son ».