[Chronique] Vijaya Anand et « Dance Raja Dance » – La musique de film du sud de l'Inde comme carnaval

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[Chronique] Vijaya Anand et « Dance Raja Dance » – La musique de film du sud de l'Inde comme carnaval

Prologue : La révolution beat du sud de l’Inde à la fin des années 1980

Texte : mmr Thème : À la fin des années 1980, la culture urbaine du sud de l’Inde explose avec le disco. « Dance Raja Dance » de Vijaya Anand parle du carnaval sonore et visuel du Karnataka.

À la fin des années 1980, l’industrie cinématographique indienne était en pleine mutation. Le cinéma hindi (Bollywood) de Mumbai était à un tournant avant qu’A.R. Rehman, et un nouveau son était nécessaire. Pendant ce temps, dans l’industrie cinématographique kannada (Sandalwood), Vijaya Anand expérimentait des innovations musicales pionnières.

Sorti en 1987, Dance Raja Dance était plus qu’un simple film divertissant. C’était l’intersection des sensibilités du sud de l’Inde et de la culture disco mondiale, et c’était le « son du futur » pour les jeunes des villes régionales.


Chapitre 1 : Le phénomène de Vijaya Anand


Vijaya Anand (vrai nom : S. V. Krishna Reddy) a débuté sa carrière en tant que compositeur de musique de film au début des années 1980. Même s’il était sous l’influence d’Ilaiyaraaja, qui était alors très présent, il se distinguait en ce qu’il visait un son plus urbain/électronique.

Les caractéristiques de sa musique peuvent être résumées dans les trois points suivants :

  • Introduction au Western Disco — Ligne de basse synthétisée inspirée de la structure rythmique de Giorgio Moroder et Van McCoy.
  • Fusion avec des gammes indiennes traditionnelles — Reconstruction du raga de la musique du Karnataka sur un rythme 4/4.
  • Intégration avec la production cinématographique — La musique n’était pas simplement une chanson insérée, mais fonctionnait comme le « moteur » de la production.

« Dance Raja Dance » est la cristallisation la plus sophistiquée de ces éléments.


Chapitre 2 : L’incident appelé « Dance Raja Dance » (1987)


Le film était le point culminant d’une musical-action-romance qui réunissait les stars de l’époque : le réalisateur D. Rajendra Babu, l’acteur principal Vishnuvardhan et l’actrice Khushbu.

Résumé de l’histoire

Un jeune homme nommé Raja (Vishnuvardhan) vit comme danseur dans un centre-ville, mais gagne en popularité nationale après avoir participé à un concours de danse télévisé. Après avoir traversé la trahison, l’amour et les secrets de famille, ils expriment enfin leurs « propres racines » à travers la danse, une histoire émouvante.

L’intrigue est simple, mais ce qui mérite d’être souligné, c’est l’intégration de la production et de la musique. La chanson titre « Dance Raja Dance » serait la première chanson de l’histoire du cinéma indien à combiner batterie électronique et rap kannada.


Chapitre 3 : Phénomène « Disco » en Inde dans les années 1980

Après le succès de « Disco Dancer » (1982, hindi) et « Ilamai Oonjal Aadukirathu » (1978, tamoul), la culture disco s’est répandue à travers l’Inde comme symbole de « danse = liberté ».

Dans le sud de l’Inde, cette tendance a pris une variante unique. Alors que les discothèques de Mumbai décrivaient un « rêve urbain », les discothèques des films kannada étaient une expression de la « fierté régionale ».

La musique de Vijaya Anand relie les rythmes ruraux et urbains en fusionnant l’électronique avec des instruments de percussion folkloriques (thaviru, dhol, nadaswaram). Cette « hybridité » est au cœur de la musique du sud de l’Inde.


Chapitre 4 : Production vidéo et chorégraphie de danse

Les scènes de danse de « Dance Raja Dance » étaient si ingénieuses qu’elles dépassaient les limites de la technologie cinématographique indienne de l’époque. En utilisant pleinement les effets d’éclairage, de fumée et de miroir, une composition d’art vidéo qui semble destinée à la génération MTV est développée.

Le chorégraphe était Mugur Sundar (plus tard le père du célèbre maître de danse Prabhu Deva), qui était alors prometteur. Tout en faisant référence à des pas de films hollywoodiens, il a mélangé avec audace des éléments de gestes de la main Bharatanatyam (mudras) et de danse folklorique. Cette “ambiance MTV du sud de l’Inde” a ensuite été héritée par A.R. Rehman et Harris Jayaraj.


Chapitre 5 : Changements dans l’origine sociale et les données démographiques du public

À la fin des années 1980, le sud de l’Inde connaissait une période d’expansion de la culture télévisuelle, accompagnée d’une vague d’urbanisation. C’était une époque où la chaîne de télévision publique Doordarshan s’ouvrait à la diffusion commerciale et où les jeunes des zones rurales rêvaient de devenir des stars.

Le décor dans lequel le personnage principal de « Dance Raja Dance », Raja, devient célèbre grâce à une émission télévisée symbolise véritablement la germination des valeurs néolibérales. Surmonter les contraintes du travail, de la classe et de la famille et réussir grâce au talent et au travail acharné : c’est ce que l’on peut appeler la « version indienne du rêve américain ».


Chapitre 6 : Analyse de la bande sonore

Titre de la chanson Chanteur Caractéristiques Remarques
Danse Raja Danse SP Balasubrahmanyam Batterie électronique + rythme folk Thème d’ouverture
Préma Préma S. Janaki Pad de synthétiseur + mélodie raga Scène romantique
Ninna Preetige Mano, Vani Jairam Structure d’appel et de réponse Utilisé dans des situations de concours
Mélange final Divers Reprise de la composition de toutes les chansons Scène finale de danse

Il a été confirmé que ces chansons ont été créées à l’aide d’équipements de pointe à l’époque, comme un synthétiseur FM (Yamaha DX7) et un Roland TR-707. En particulier, le son de synthé de cuivres montant entendu dans l’intro de ``Dance Raja Dance’’ me rappelle les textures de Moroder et Depeche Mode.


Chapitre sept : L’héritage de Vijaya Anand

Vijaya Anand a composé la musique de nombreux films depuis les années 1990, mais peu ont été aussi innovants que Dance Raja Dance. Cependant, sa musique a donné aux jeunes directeurs musicaux la perspective du « cinéma comme terrain d’essai pour la musique populaire ».

A.R. Les premières œuvres de Rehman, Roja (1992) et les fondements de bandes sonores urbaines telles que Gentleman (1993), sont clairement une extension des expériences de Vijaya Anand et Bappi Lahiri.


Chapitre 8 : Impact culturel et réévaluation

Au 21ème siècle, « Dance Raja Dance » est réévalué via YouTube et Spotify. Les images et la musique de cette époque ne sont pas « kitsch » mais sont réinterprétées comme du futurisme du sud de l’Inde.

Pour les jeunes parlant le kannada, il ne s’agit pas seulement de nostalgie, mais aussi d’un point de départ pour une expression culturelle allant du local au mondial.


Chronologie : Vijaya Anand et les tendances de la musique du sud de l’Inde

timeline title Vijaya Anandと南インド映画音楽の歩み 1982 : Ilaiyaraajaが『Moondram Pirai』で南インド音楽の黄金期を築く 1984 : Vijaya Anand、作曲家デビュー 1987 : 『Dance Raja Dance』公開 1989 : カンナダ映画で電子サウンド普及、MTV的映像演出が拡大 1992 : A.R.レーマン『Roja』で国際的成功 2000 : Vijay Anand作品の再リリース、リミックス盤登場 2020 : YouTube上で『Dance Raja Dance』が若者に再発見される

Contexte de l’époque

  • Milieu des années 1980 : Expansion de la culture des jeunes dans les zones urbaines du sud de l’Inde, popularisation de la télévision et de la vidéo, influence de la musique disco/club.

  • Région de Kannada/Bangalore : développement naissant de l’industrie informatique et accélération de l’urbanisation

  • Industrie cinématographique : innovation dans les technologies et les méthodes de production, signes de la mondialisation de la production musicale, chorégraphique et vidéo

  • Musique : Introduction de synthétiseurs/boites à rythmes/son électronique, nombre croissant de chansons destinées aux jeunes


Conclusion : Le rythme a soufflé du sud

Lorsque « Dance Raja Dance » a été créée en 1987, l’Inde n’avait pas encore connu la libéralisation économique. Cependant, le « souffle de libération » résonnait déjà au rythme de la musique et de la danse.

La réussite de Vijaya Anand réside dans l’utilisation de la musique comme signe avant-coureur du changement social. Ses rythmes disco n’étaient pas seulement un divertissement, mais une déclaration pour que l’Inde du Sud danse son propre avenir culturel.


Monumental Movement Records

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