[Chronique] Le Brésil moderne reflété par la Bossa Nova : l'intersection de la musique, de l'architecture, de la technologie et de la mode

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[Chronique] Le Brésil moderne reflété par la Bossa Nova : l'intersection de la musique, de l'architecture, de la technologie et de la mode

Le mot clé est “Modernisme”

Texte : mmr|Thème : Compte tenu de la diffusion culturelle de la Bossa Nova, il existe des phénomènes et des choses qui semblent sans rapport à première vue, mais qui sont en réalité profondément liés.

La Bossa Nova, née dans un petit appartement de Rio de Janeiro à la fin des années 1950, est rapidement devenue la nouvelle bannière culturelle du Brésil et s’est finalement répandue dans le monde entier. Le contexte n’est pas seulement l’attrait de la musique elle-même, mais aussi la profonde résonance avec les domaines de l’architecture, de la technologie et de la mode qui progressaient en même temps. Dans cet article, je voudrais approfondir les liens culturels entre la bossa nova et d’autres domaines, en me concentrant sur les activités d’artistes tels que Joao Gilberto et Antonio Carlos Jobim.


Architecture de Bossa Nova et Brasilia —— Modernisme dans les villes et la musique

En 1956, la ville futuriste de Brasilia a été construite dans le cadre d’un plan de relocalisation de la capitale brésilienne. La structure en béton tout en courbes et audacieuse de l’architecte Oscar Niemeyer a montré au monde une nouvelle image du Brésil. Par coïncidence, à cette époque, João Gilberto a changé l’histoire de la musique avec « Chega de Saudade » et Antonio Carlos Jobim a connu un succès international avec « La Fille d’Ipanema ».

Ce que l’architecture et la musique ont en commun, c’est le minimalisme et la sophistication. Tout comme Niemeyer a dépouillé les décorations des bâtiments et a représenté l’avenir avec des courbes et des lignes droites, la Bossa Nova a également exprimé la « tranquillité urbaine » avec des arpèges de guitare et des voix chuchotées. Tous deux étaient des symboles du modernisme culturel qui promouvait un « nouveau Brésil » et tous deux jouaient un rôle diplomatique dans les échanges culturels internationaux pendant la guerre froide.


Bossa Nova et Technologie —— Les ondes portées par la radio et les disques

Un autre facteur à l’origine de la diffusion de la bossa nova était les innovations technologiques de l’époque. Dans les années 1950 et 1960, l’expansion des réseaux de radiodiffusion et l’utilisation généralisée des disques vinyles ont fourni le support idéal pour la bossa nova, une musique plus intime et délicate que la samba traditionnelle.

La voix grave de João Gilberto était plus adaptée à l’écoute de la radio à domicile qu’aux stades bruyants. De plus, la raison pour laquelle « Getz/Gilberto » avec Stan Getz est devenu un succès international était due à la technologie d’enregistrement stéréo qui rendait si clair le contraste entre le saxophone de type jazz et la guitare de type bossa nova.

De plus, le nouveau matériel d’enregistrement de l’époque soutenait l’orchestration élaborée d’Antonio Carlos Jobim. C’est ainsi que la bossa nova est devenue la musique préférée de la technologie, passant des salons brésiliens aux clubs et cafés new-yorkais du monde entier.


La Bossa Nova et la Mode —— De la plage à la scène mondiale

Dans les années 1960, les plages d’Ipanema et de Copacabana à Rio étaient l’épicentre du style de vie et de la mode des jeunes. Sa tenue vestimentaire, qui comprenait des chemises blanches, des robes légères, des chapeaux de paille et des sandales, s’est imposée comme un style symbolisant la « modernité brésilienne », avec le son léger de la bossa nova.

Heloisa Pinheiro, le mannequin de « La Fille d’Ipanema », marchait le long de la plage et était un parfait exemple de la fusion de la mode et de la musique. Les costumes de scène de Sergio Mendes et les tenues urbaines simples vues lors des spectacles de bossa nova aux États-Unis ont contribué à créer une image de « Brésil cool » sur le marché international.

Ce qui est encore plus intéressant, c’est que la diffusion de la bossa nova était en phase avec les tendances de la mode mondiale des années 1960, comme la mode mod et minimale. Avec leurs mélodies sophistiquées et leurs costumes simples, tous deux partageaient une « esthétique épurée ».


Conclusion —— La Bossa Nova est un carrefour de cultures

En regardant les choses de cette façon, nous pouvons voir que la bossa nova n’était pas seulement un genre musical, mais un phénomène culturel global qui symbolisait le Brésil moderne, se croisant avec l’architecture, la technologie et la mode.

  • Les courbes de la ville future dessinées par l’architecture de Niemeyer

  • Un son intime enrichi par les disques et la radio

  • Nouvelle mode lancée avec la culture de la plage

Tout cela est condensé dans une note de la guitare de João Gilberto, les harmonies de Jobim et la mélodie de « La Fille d’Ipanema ».

La bossa nova que vous entendez aujourd’hui dans les cafés et les salons est bien plus qu’une simple musique de fond apaisante. Derrière cela se cache le désir de « nouveauté » du Brésil dans la seconde moitié du XXe siècle et une résonance culturelle qui va au-delà de la musique.


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